
A la découverte des portraits des personnalités qu'il a côtoyées, on perçoit très vite que Gottfried Helnwein n'a pas cherché la flagornerie stérile. Allant au-delà de la flatterie servile, le photographe cisèle ces visages pour dépasser les strates de l'apparence. A travers les plis de la peau, les imperfections des rides, les taches et les creux, les bosses et les tavelures, les commissures des lèvres, les pattes-d'oie aux coins des yeux, de la racine des cheveux à la pointe du menton, Helnwein ne ménage personne. Des éclairages directs, des jeux d'ombres sans subtilité sur des faces qui ne parviennent plus à cacher les caractères. Quand la fixité du regard de Keith Haring renvoie par lunettes interposées l'image du spot parapluie, quand William Burroughs joue de l'acier d'un revolver, lorsqu'Andy Warhol esquisse une moue ou qu'Elton John se laisse à sourire, les informations fusent, s'adressant sans barrière à un spectateur qui découvre ainsi l'envers de décors dont il ne soupçonnait même pas l'existence. Du véritable travail de reporter sur des visages... Inoubliable...
