HELNWEIN: A l'origine, je ne voulais pas devenir artiste parce que je pensais que ça devait être très ennuyeux. Mon rêve, comme celui de tous mes amis, était de faire du rock ! Je suis né à Vienne après la Seconde Guerre mondiale dans un environnement sinistre et désolé, peuplé par une classe moyenne dépressive. Les années 50 ont vraiment été catastrophiques en Autriche. La seule chose qui me mit du baume au coeur fut la découverte, à l'âge de six ans, d'une photo miniature d'Elvis Presley dans un paquet de chewing-gum. Je ne savais pas du tout qui c'était mais sa beauté me fascinait. Plus tard, j'ai appris que c'était un musicien et c'est comme ça que je me suis mis au rock. Après, il y a eu les Rolling Stones... A l'époque, seuls la musique et les comics m'intéressaient, je détestais toute autre forme d'art établi. Quand j'ai eu 19 ans, j'ai soudain voulu être un artiste parce que je me suis aperçu que ça permettait de jouir d'une certaine liberté, d'exprimer toutes ses opinions et d'avoir un impact sur la société. C'est pour ces raisons que je me suis mis à la peinture.
HELNWEIN: L'Autriche est un pays intéressant et agréable mais, plus jeune, je le trouvais oppressant, déprimant et véritablement horrible. Vienne a d'ailleurs une tradition artistique très sombre, que ce soit en matière de poésie, d'écriture ou de beaux-arts. Kafka en est un exemple. Quand je vivais là-bas, je trouvais tout noir, chaque jour crépusculaire. Le seul art auquel j'ai été exposé enfant fût celui des églises catholiques romanes. Avec ces gens cloués sur des croix, torturés, ensanglantés. C'est ce qui m'a probablement influencé.
HELNWEIN: Non, je n'y peux vraiment rien (rires) ! Les seules idées qui me viennent à l'esprit sont des idées que les autres trouvent facilement dérangeantes. Ce n'est pas que ça me plaît mais c'est la seule chose dont je semble être capable. Réaliser quelque chose qui plaise à la société équivaudrait à un suicide pour moi. Ça voudrait dire que je rends les armes et que j'abandonne. C'est impossible à imaginer.
01 mai 2003 Hard N'Heavy par Sophie HERVIER .
Photo : Epiphany III,1998
Nom du Skyblog :"Too much emotional abuse is a game that we're both gonna loose..."Ma photoPseudo :em0ti0nal-abuseDescription du Skyblog :Comment décrire une chose dont on ne connaît, au final, que d'infimes parties ... ?
Viens ...Tu comprendras pourquoi .Date de création :Ven 15 juillet 2005Dernière mise à jour :Mar. 23 août 2005Autres infos :23 articles105 commentaires