There is a basic misconception that any given face, at any given time, looks more or less the same, like a statue's face.Actually, the human face is as variable from moment to moment as a screen on which images are reflected, from within and from without. I have seen six pictures of the same subject taken in less than a minute - so different one from the other, as not to be recognizable as the same person.
Les peintures et les photographies de Gottfried Helnwein s’attaquent à cette conception fausse en montrant les divers visages que peut avoir un homme. Pour s’attaquer à cette erreur fondamentale, il lui faut souligner, exagérer à coups de déformations, de bandages et d’ustensiles métalliques qui contraignent ce visage à d’impossibles mimiques. Les images de torture et de folie abondent, comme c’est le cas sur un visage, comme s’il était le reflet sensible de perceptions extrêmes et d’une expérience.
Comment un autoportrait peut-il représenter l’impassibilité d’une statue face aux horreurs qui nous entourent? La torture, la maladie, la peur et la haine qui sont devenues notre lot quotidien, ce que le pape appelle «le banquet de la vie». Ces visages tourmentés disent tous: «Voilà ce que je pense...et ça,...et ça, ...et ça encore...Regardez et vous verrez.» Vous ne pourrez rien montrer à quelqu’un qu’il n’ait déjà vu, autre part, vous ne pourrez rien lui dire non plus qu’il ne vît déjà.
C’est la fonction de l’artiste que de provoquer l’expérience de la surprise d’indentifier: de montrer au spectateur qu’il sait sans savoir qu’il sait. Helnwein est un maître en l’art de la surprise d’identifier.
William Burroughs
Lawrence, KansasOctober 1990

