January 1st, 1992
One-man show, Goethe-Institut, Centre culturell allemand, Paris

GOTTFRIED HELNWEIN

28. October 1992Le FigaroParis

« L'intolérance et la violence sont les thèmes qui m'intéressent, mais aussi les icônes de notre temps : les idoles. » Gottfried Helnwein n'y va pas par quatre chemins. Il croque tout cru ses modèles. Peintre et photographe à scandale, il réalise des portraits d'un hyperréalisme proche d'une mise à nu.
Depuis son passage à l'Académie des arts plastiques de Vienne, cet artiste protestataire ne passe plus inaperçu. Plaintes, boycott, rejet... on reproche à Helnwein de s'intéresser aux concepts de sous-homme, à l'art dégénéré et au fascisme dans ses décors de théâtre et costumes pour les mises en scène de Heiner Müller et Peter Zadek, entre autres.

SEPT PHOTOGRAPHES EUROPÉENS

camera internationalParisG. Bauret1992

C'est souvent à la hauteur des yeux que la violence est concentrée. Helnwein a alors recours au bandage de tête qui prive l'homme de tout rapport visuel avec l'extérieur. Il est évidemment très paradoxal de la part de l'artiste, dont la vie et l'œuvre sont étroitement liées au regard, de s'appliquer à représenter sous différentes formes l'empêchement de voir, le trouble de la vue. Sans doute parce que la portée de son projet ne se limite pas au seul territoire artistique. Son art revêt également une évidente dimension historique.